On aurait aimé le faire
///////// A défaut de 50 000 euros, du Campari !
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07-07-2008
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Un soir de semaine, boulevard de Bonne Nouvelle, dans le 9e à Paris. Je bois un apéro avec des amis, dans ce petit bar désormais devenu notre QG, pour ses margaritas bonnes et très accessibles grâce à ce cher (et bientôt disparu, paraît-il) happy hour. Tout-à-coup une jeune femme se met à hurler, et saute dans les bras de son amie : « Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !!! Ca y est on est riiiiches !!! ». Tous les regards se posent sur celle qui ne cesse de rire à gorge déployée. Quoi ? Riche ? Par ces temps de pouvoir d’achat en berne ? Qui ose cette insolence  ?

50 000 euros. C’est ce que la femme en question dit avoir gagné ; jeune –même pas la trentaine, l’air avenant avec ses bouclettes brunes et ses petites lunettes toutes rondes : bref une tête qui fait que l’on est vite content pour celle qui vient de remporter le gros lot au loto. D’autant plus qu’elle paie son coup à tout le monde : le serveur arrive avec des shots de Campari, pour toute la terrasse. Du Campari ? Il y a encore des gens qui en boivent –à part les quinqua qui, dans mon imagination, un brin nourrie de clichés j’en conviens, passent l’hiver à Naples et l’été à Capri ? Soit, après tout, un verre offert ne se refuse pas. Hum, pas mauvais finalement. Au passage, je demande à la gagnante si elle ne veut pas partager un peu de ses 50 000 euros –après tout, peut-être que nous lui avons porté chance, du simple fait de notre présence, non ? Sa réponse me refroidit aussitôt –« Je peux pas… C’est pour ma fille, Lou ; je vais enfin pouvoir lui payer des vacances ». Saisie d’empathie, et un peu honteuse d’avoir posé la question, c’est vrai ; je plonge le nez dans mon verre après lui avoir souhaité de jolies vacances avec son p’tit bout. Le genre de moments où l’on regrette de ne pas savoir se retenir de faire des blagues –mauvaises en plus. 

Une semaine plus tard, toujours au QG, toujours une margarita sur la table. Nouveaux cris de bonheur. La même fille, qui saute dans les bras de la même amie –re : « Ouaiiiiiis on est riiiiiches !!! ». Quoi, encore ?? Ma comparse de margarita, pleine de bons sentiments, tente : « Peut-être qu’elle vient juste d’encaisser le chèque ? ». Mouais. Gros doute. Surtout quand le serveur arrive avec –encore !- un plateau de shots de Campari. C’est une obsession ou quoi ? Non, une opération de street marketing. Là, tout à coup, la crédulité bienveillante qui m’aveuglait s’estompe : les deux femmes sont vêtues de blanc, rouge, et bleu –les couleurs de l’alcool offert en tournée ; et la maman de Lou, sous mes questions pressantes –il fallait que je sache !- m’a avoué être employée par la marque italienne, pour des events de ce type dans plusieurs quartiers parisiens –avis aux amateurs de Campari, les comédiennes ont été vues près d’Abesses ! 

Ha ha. Malin. L’idée ? Sortir Campari de son image désuète d’alcool pour rentiers italiens. Ce que confirme le site corporate –oui oui, piquée de curiosité, je suis allée y faire un tour- lequel propose aux internautes de partager leurs passions (« Map your passions »), à la façon du site Twitter dont nous vous parlions ici. Vous pouvez créer votre profil, mettre à jour vos « passionnate moments » en temps réels, et commenter ceux des membres. Par ce site comme par la campagne de street marketing, la marque tente de s’associer à une convivialité rajeunie,  moins élitiste que populaire –autant dire que le QG n’est pas huppé mais accessible à toutes les bourses, tandis que la fausse gagnante est quand même sensée être une mère en situation difficile… Bien joué à l’équipe marketing de Campari –malgré le risque encouru à répéter la même opé au même endroit, à si peu de jours d’intervalle.

Toutefois, soyons clairs, de là à ce que je sorte le Campari plutôt que le champagne dans les grandes occasions, il va falloir travailler encore un peu…

Commentaires
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Gilles Reeb  - concepteur planneur   |2008-07-09 11:03:50
Pour info : Campari diffuse aussi son doux (sic!) nectar dans les vernissages
fréquentés par les parisiens du tertiaire au positionnement "branché".
Il accompagne le réseautage de nombreux D.A, photographes, réals, dans les
galeries trendy de la capitale (notamment Magda Danysz, dont la prog convient
parfaitement au pubard que je suis!)... Un autre moment de passion!
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