 | Comment une entreprise comme Google,encore inconnue il y a 10 ans, a-t-elle pu réussir à se glisser dans le peloton de tête des marques mondiales – au sein duquel trônent des mastodontes forts de plusieurs décennies de leadership mondial ? Grâce au secteur porteur des media et des NTIC, dont elle a su capter les évolutions, certes (on en parlait d’ailleurs ici). Mais pas uniquement. Car Google possède également des qualités plus génériques qu’on devrait pouvoir retrouver chez toute entreprise se réclamant de la position de leader… et qui sont encore pourtant trop rares à l’heure actuelle ; et ce quand bien même toutes ces compagnies se revendiquent d’une approche holistique. |
Ce qui nous amène donc à cette fameuse opération du « Treasure Hunt », et à son édition 2008 dont la liste des gagnants vient d’être rendue publique – une action remarquable de par sa cohérence avec les valeurs de la marque, mais aussi de par sa capacité à faire tomber les barrières entre communication interne et externe, management et publicité pour avoir une vision globale et intégrée des différents process.
Le principe : un gigantesque jeu de pistes sur le ‘Net, plutôt orienté geek. Pour résoudre les différentes énigmes et être le premier à mener à bien l’enquête, il fallait en effet posséder de sérieuses compétences en informatique, mais aussi des rudiments de programmation, de physique, ainsi que quelques connaissances sur les architectures réseau, UNIX, et j’en passe. A gagner : des produits Apple, du MacBook Air à l’iPhone.
Mais, surtout, une place chez Google. En effet, cela ne vous aura pas échappé, les compétences dont il aura fallu user pour mener cette enquête à son terme sont intimement liées au métier de la firme de Mountain View. Ce faisant, Google fait donc d’une pierre deux coups : non seulement, il se fait un peu de publicité grâce à ce concours qui ne manquera pas de faire turbiner les cerveaux des geeks du monde entier ; mais surtout, il procède, mine de rien, à une épreuve de sélection parmi le vivier des ingénieurs informaticiens (il est effectivement probable que ce soit surtout les plus joueurs et les plus ouverts d’esprit qui se laissent tenter par ce concours, et non les informaticiens sérieux et grisâtres qu’on laissera volontiers à IBM et Microsoft). D’autre part, en construisant un peu plus l’image de Google comme une marque sachant allier compétence et intelligence avec créativité et ludicité, tout cela s’inscrit dans une cohérence avec les valeurs de la marque qui force le respect – jusque dans les lots proposés aux vainqueurs (Apple et Google possédant un certain nombre d’affinités; tout comme leurs nemesis IBM et Microsoft). Une opé’ RH réussie, donc, et qui en prime rejaillit sur le capital de marque.
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