Billet d'humeur
///////// I have a dream, it just came true !
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Écrit par Jonathan Simon   
05-11-2008
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Yes, he can and he did. Le mardi 4 novembre restera gravé dans les mémoires américaines comme le jour où Barack Obama est devenu le 44ème Président des Etats-Unis d’Amérique.  

Les résultats sont tombés tôt ce matin en France mais je n’ai pas pu me résoudre à attendre de lire les titres des quotidiens ce matin et me suis donc levé cette nuit à 5h pour voir en direct la direction politique qu’allait être celle des Etats-Unis. Sans grosse surprise, le favori des sondages, le chouchou des américains, devenu le symbole du rêve américain et de son « Everything is possible » l’emporte haut-la-main. Mais Barack Obama est avant tout porteur d’espoir pour tout un peuple, toute une nation et représente le changement que les américains attendent. 

Ce message d’espoir s’est ressenti tout au long de son discours en tant que nouveau chef des Etats Fédéraux. Lorsqu’il s’est adressé à la nation, il s’est voulu fédérateur plus que moralisateur, rassurant plutôt qu’alarmiste, positif plus qu’ambitieux le tout sur un fond socio-historique basé sur une série d’anecdotes. La plus marquante a été sans nul doute l’histoire de cette femme afro-américaine centenaire qui lui a servi de fil conducteur pour montrer les évolutions qu’a subi la société américaine en un siècle évoquant entre autres la ségrégation des noirs et les évolutions de la femme dans la société. 

L’ère du changement a donc sonné pour les américains. Un changement pluriel qui doit redresser la posture politico-socio-économique actuelle des Etats-Unis. 

Un changement au-delà du fait que Barack Obama devient le premier président noir américain, qui est un exemple marquant, un pas gigantesque qui atteste de l’évolution sociale mondiale. Un changement également politique qui sera placé sous le signe de l’ouverture annoncée par Obama en impliquant des membres du parti républicain dans son staff. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle de Nicolas Sarkozy, qui a ouvert son gouvernement aux partis opposés. 

Mais le travail qui attend ce nouveau président sera de longue haleine.  

Le premier défi va être d’apaiser les stigmates laissés par la politique Bush, une politique brusque, fermée, autoritaire qui a meurtri le peuple entier. Certaines questions se posent donc sur le retrait des troupes en Irak, l’engagement et la ratification du protocole de Kyoto, la politique de l’immigration, une meilleure couverture sociale pour des millions d’individus… 

Un autre défi majeur est celui de la crise que traversent actuellement les Etats-Unis et le reste du monde. Comment Barack Obama va-t-il répondre à cette crise alors que son pays est entré en période de récession économique ? La crise financière de ces derniers mois a affaibli la position dominante des américains en matière de maitrise du marché de la finance. 

Enfin, notre position d’Européens laisse une question en suspend : quelles vont être les relations internationales que les Etats-Unis vont entretenir avec ses principaux partenaires économiques qui étaient jusqu’ici ancrées sur l’ultimatum. 

Toutes ces questions représentent des chantiers majeurs et vont être le plan de bataille de l’administration Obama dans les prochains mois après son intronisation officielle le 20 janvier prochain. L’euphorie qui habite les américains aujourd’hui sur l’élection de Barack met en perspective une attente forte et de fait, une pression palpable sur ses épaules. Il est évident que 2 mandats ne suffiront pas à Obama pour redonner la suprématie et la prospérité aux américains, mais l’espoir porté par le personnage a réussi à soulever toute une nation, à trouver la foi et la confiance suffisante pour entamer la reconstruction économique américaine et à renouer avec les valeurs progressistes du pays.  

Le peuple s’est exprimé, et cette victoire d’Obama est avant tout celle de la nation toute entière qui a retrouvé son champ d’expression. Cette victoire était quasi inéluctable du fait que le gouvernement Bush a affaibli la position des Républicains.  

Une victoire qui est également la résultante d’une stratégie de communication bien ficelée, efficace, puissante et innovante. La campagne de communication Barack Obama est le fruit d’un système et d’une mécanique parfaitement huilés reposant sur les nouveaux moyens de communication dont Internet et le mobile. Cette part importante attribuée au Web a permis à Obama d’avoir une visibilité sans commune mesure à l’échelle internationale, de profiter d’opportunités en termes de marketing viral et un site internet d’une réactivité sans nom [à l’image de la refonte de son site après l’annonce de sa victoire]. Un nouveau levier du web : collecter des dons pour financer sa campagne électorale lui permettant de battre le record de collecte de fonds. Du jamais vu. 

Les media ne sont pas en reste dans la victoire d’Obama. Ils se sont globalement attachés à véhiculer une image moderne, joviale et humaine des candidats, que ce soit pour le camp Obama ou pour le camp Mc Cain. Enfin, le support plus que jamais proactif des célébrités américaines ont contribué à influencer la décision de vote en faveur du sénateur Obama. Bien plus que d’être le premier noir américain à accéder au plus haut poste de dirigeant politique, la campagne de communication du candidat est entrée dans l’histoire comme la plus audacieuse et la plus innovante jamais mise en place. 

Nous entrons dans une ère nouvelle, celle du changement. Mais ce changement sera-t-il à la hauteur des attentes des américains et du reste du monde ? Parce que les travaux d’Obama sont multiples et divers, la déception est indéniablement au bout du chemin. Mais la première puissance mondiale qui reprend espoir, c’est le monde entier qui respire à nouveau !

Commentaires
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JB  - Bravo :)   |2008-11-13 16:13:26
Je partage votre enthousiasme !

Un grand bravo pour le boulot sur le blog, ça
fait bien plaisir d'y passer régulièrement
Gilles     |2008-11-12 10:47:36
Pour un espoir mondialement partagé, j'aurais plus un Président black à la tête
du Parti chinois... Le pouvoir change de main, non ?
David C.  - Nous avons la solution!     |2008-11-06 00:39:26
L
Alex'   |2008-11-05 20:31:43
La dernière phrase est on ne peut plus vrai.

A 5h ce matin, en ayant
confirmation, je n'ai pas pu m'empêcher d'être ému.
Et ce même si, depuis
février-mars, j'avais la conviction qu'il avait toutes ses chances face à McCain
(j'avais vécu le raz-de-marée Obama face à Clinton en "live", 'faut
dire), et que j'en avais la certitude depuis un mois (soit le début de la crise
financière, qui a foutu McCain dans la merde, vu qu'économiquement, il était
vraiment pas trop au niveau; puis quand on finit par se faire voler la vedette
par sa colistière, c'est un signe qui ne trompe pas...).

Je ne pense pas
qu'Obama changera radicalement les choses; car le système a son inertie, qu'on
est aux US (où la gauche demeure très à droite)... et qu'Obama est somme toute
issu grossomodo du même establishment que les précédents hommes politiques, quoi
qu'on en dise. Il est donc peu probable qu'il donne un gros coup de pied dans la
fourmilière. Après tout, c'est aussi pour ça qu'il a pu être élu (en dehors du
contexte de crise financière, qui lui était plus favorable qu'à McCain): c'est
le plus "blancs" des noirs, si j'ose dire.
Il n'est pas
ultra-représentatif des difficultés que connait cette minorité - sinon il
n'aurait tout simplement jamais eu l'opportunité d'être là. Ensuite, ça n'enlève
rien à son mérite personnel - car même ainsi, il a du batailler.
Et il n'en
reste pas moins que symboliquement, ça peut être interprété autrement, et donner
l'impulsion d'un mouvement plus général - qui sait.
En tout cas, c'est à
espérer.

Après je peux me tromper: peut-être qu'ayant désormais les pleins
pouvoirs exécutifs et législatifs, il en profitera pour faire tomber le masque,
et se révèlera nettement moins centriste, voire légèrement plus radical. Mais
j'en doute.

Surtout, je me réjouis de son élection pour une raison bien
précise: cela devrait apaiser la situation internationale, et permettre aux
États-Unis de redorer leur blason incroyablement plus rapidement que si
n'importe qui d'autre avait été élu.
Après tout, ils viennent juste d'élire l'un
des types les plus populaires au monde ces derniers temps.
On devrait donc enfin
pouvoir espérer sortir du cycle d'anti-américanisme primaire, qui était certes
en partie justifié, mais en plus amplifié par l'image médiatique qui avait fini
par coller aux US sous Bush.


Et puis bon, 'faut lui reconnaître un truc: il
est ultra-charismatique, et super bon orateur; avec un côté limite frondeur
("rebellious leader", qu'ils disent).
Un peu comme JFK en son temps, il
me semble.
Reste à espérer qu'il finira mieux que ce dernier; ou qu'un autre
candidat plus proche de nous, qui avait mis tellement d'énergie dans sa campagne
présidentielle qu'il avait forcément besoin de récupérer après, ce qui a
évidemment été un peu mal vécu ("des promesses, des promesses, et puis une
fois au pouvoir...".

A utre élément qui m'inquiète: la possible déception
de l'électorat "ethnique", qui ...
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